Mystère musical
Vladimir Jankélévitch note à propos de la musique une forme de seuil : celui du mystère, de l’inexprimable qui renvoie au travail sans fin, inlassable, inépuisable du langage pour dire ce qui ne peut se dire ou se dire que par allusion, suggestion, allégorie, métaphore.
Le mystère musical, écrit-il, n’est pas l’indicible, mais l’ineffable. C’est la nuit noire de la mort qui est l’indicible, parce qu’elle est ténèbre impénétrable et désespérant non-être, et parce qu’un mur infranchissable nous barre de son mystère : est indicible, à cet égard, ce dont il n’y a absolument rien à dire, et qui rend l’homme muet en accablant sa raison et en médusant son discours. Et l’ineffable, tout à l’inverse, est inexprimable parce qu’il y a sur lui infiniment, interminablement à dire: tel l’insondable mystère de Dieu, tel l’inépuisable mystère d’amour, qui est mystère poétique par excellence.
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Publié le 25 octobre 2008 à 11 h 25
par Carol et classé dans Journal.
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